Guide technique
Aiguilles de tatouage : comprendre les références sur ta boîte
Tu ouvres un catalogue de cartouches et tu rencontres « 9RL », « 0,35 mm » ou « LT ». Difficile de choisir quand chaque ligne ressemble à un code.
Ces indications décrivent des choses différentes : le nombre de pointes, leur disposition, leur épaisseur et leur affûtage. On va les lire une par une, avec la même référence comme exemple.
Sommaire
- Une cartouche contient souvent plusieurs pointes
- Lire « 9RL · 0,35 mm · LT » sans tout mélanger
- RL, RS et Magnum : comment les pointes sont-elles placées ?
- Pourquoi deux 9RL peuvent-elles donner des résultats différents ?
- Comment choisir pour un exercice ?
- Comparer deux références sans perdre le fil
Une cartouche contient souvent plusieurs pointes
Dans une conversation, on dit facilement « une aiguille ». Pourtant, une cartouche peut contenir plusieurs pointes assemblées. Cet ensemble s’appelle un faisceau.
La cartouche est le petit ensemble que tu installes sur la machine. Elle comprend notamment les pointes, leur boîtier et un système qui guide leur mouvement. Beaucoup possèdent aussi une membrane, une partie souple qui participe au rappel et à la séparation avec la machine selon leur conception. Pour relier ces critères à un achat, retrouve les points à comparer pour choisir une machine à tatouer.
Deux cartouches avec le même nombre de pointes peuvent avoir des constructions différentes. Vérifie donc aussi la compatibilité avec ta machine sur les indications du fabricant.

Lire « 9RL · 0,35 mm · LT » sans tout mélanger
Prenons cette indication comme exemple. Les marques n’écrivent pas toutes leurs références dans cet ordre, mais les informations peuvent se lire ainsi :
| Indication | Ce qu’elle signifie |
|---|---|
| 9 | Neuf pointes dans le faisceau |
| RL | Round Liner, une disposition ronde et serrée |
| 0,35 mm | Le diamètre de chaque pointe avant la partie affûtée |
| LT | Long Taper, une partie affûtée longue selon la gamme |
Le diamètre, c’est l’épaisseur de la pointe. Le taper, c’est la longueur sur laquelle elle s’affine vers son extrémité.
Imagine deux crayons de même épaisseur, taillés de manière différente : l’un s’affine sur une courte longueur, l’autre sur une longueur plus grande. Cette image aide à distinguer diamètre et affûtage. Elle ne prédit pas le comportement d’une cartouche.
Certaines marques utilisent un numéro pour le diamètre. Consulte la légende de la gamme au lieu de deviner sa correspondance en millimètres.
RL, RS et Magnum : comment les pointes sont-elles placées ?
La configuration désigne la disposition des pointes. Le nom donne un premier repère pour comprendre la forme du faisceau.
RL : Round Liner
Les pointes sont regroupées de façon ronde et serrée. Ces cartouches sont couramment utilisées pour le lining, c’est-à-dire le tracé des lignes et des contours.
Une 3RL possède trois pointes et une 9RL en possède neuf. Ce nombre ne donne pas à lui seul la largeur finale du trait. L’épaisseur des pointes, leur regroupement et ton geste comptent aussi.
RS : Round Shader
Les pointes sont disposées de façon ronde, généralement moins serrée que sur une RL. Elles peuvent servir à de petites zones de remplissage, à certaines textures ou à des ombrages selon la technique.
Le mot shader vient de l’ombre. Il ne signifie pas qu’une RS est obligatoire dès que tu veux faire un ombrage.
Magnum
Les pointes occupent une largeur, généralement sur deux rangées. Cette disposition est couramment utilisée pour travailler des surfaces en ombrage ou en remplissage.
Tu peux rencontrer les noms curved Magnum, Round Magnum ou Soft Edge pour des variantes au bord arrondi. Les appellations changent selon les fabricants. Regarde leur dessin de configuration pour savoir ce que contient réellement la référence.

Pourquoi deux 9RL peuvent-elles donner des résultats différents ?
Reprenons notre exemple. Une 9RL de 0,30 mm et une 9RL de 0,35 mm ont le même nombre de pointes, mais chaque pointe n’a pas la même épaisseur.
Ajoute un taper différent, un faisceau plus serré ou un autre boîtier, et tu compares encore autre chose. C’est pour cela que « j’utilise une 9RL » ne décrit pas tout le matériel.
Pour comprendre une différence, note la marque, la gamme et la référence complète. Tu pourras retrouver la cartouche utilisée sans te fier à la couleur du boîtier ou à ton souvenir.
Un taper long ne permet pas non plus d’affirmer automatiquement qu’une cartouche abîmera moins la peau. Le résultat dépend du travail réalisé, pas d’un seul mot sur la boîte.
Comparer deux références sans perdre le fil
Choisis deux cartouches qui diffèrent par une caractéristique que tu peux identifier. Par exemple, un diamètre différent dans la même gamme, avec le même nombre de pointes et le même taper annoncé.
Prépare deux zones avec le même petit motif sur la même peau synthétique. Garde la machine, l’encre et les autres réglages. Fais plusieurs essais avec chaque référence et photographie le premier résultat après essuyage, avant les retouches.
Regarde un critère précis : les coupures dans une ligne, les variations de largeur ou les espaces clairs dans un remplissage. Si plusieurs caractéristiques changent entre les deux cartouches, tu compares deux ensembles. Tu ne peux pas attribuer toute la différence au diamètre.
Enfin, garde les références de lot et les dates utiles avec les informations de ton matériel. Le lot est le numéro qui permet de retrouver un groupe de produits fabriqués ensemble. Vérifie aussi l’état du sachet avant utilisation.
Pour comprendre les réglages de la machine qui accompagnent ce choix, poursuis avec le guide du stroke. Un exercice réussi sur synthétique reste un exercice : il ne prédit pas la réaction de la peau ni le résultat cicatrisé.

Comment choisir pour un exercice ?
Pars de la forme que tu veux travailler sur peau synthétique.
Pour une série de lignes, garde une référence de RL pendant l’exercice. Tu pourras regarder si les traits restent continus et de largeur régulière, sans changer de cartouche après chaque erreur.
Pour une zone à remplir, demande-toi si tu peux suivre ses bords avec la largeur du faisceau. Une cartouche large sur une petite forme peut rendre les limites difficiles à gérer. Une grande surface pose une autre question : comment avancer sans laisser de bandes entre les zones travaillées ?
Pour un dégradé, regarde le passage du clair au foncé après essuyage. Une zone très sombre ne prouve pas à elle seule que la transition est régulière.