Guide débutant
DASRI pour tatoueurs : trier tes déchets et organiser leur collecte
À la fin d’une séance, tu as des aiguilles usagées, des emballages et d’autres déchets à éliminer. La bonne question commence avant de les jeter : lequel va dans quel contenant, et que se passe-t-il ensuite ?
Les DASRI sont les déchets d’activités de soins à risques infectieux et assimilés. Dans le tatouage, cette filière concerne notamment les déchets qui peuvent piquer ou couper. On les appelle les perforants.
Pour organiser leur prise en charge, suis leur trajet : le déchet est produit au poste, placé dans son contenant, stocké, puis remis au service de collecte. À chaque étape, tu dois savoir quoi faire et quelle trace garder.
Sommaire
- Trier dès que tu produis le déchet
- La boîte a une limite, même s’il reste de la place
- Quand faut-il faire enlever les déchets ?
- Où garder les contenants avant la collecte ?
- Que doit comprendre le service que tu achètes ?
- La traçabilité : pouvoir retrouver ce qui est parti
- Le contrôle à faire avant la prochaine séance
Trier dès que tu produis le déchet
Une aiguille utilisée ne va pas dans la poubelle ordinaire. Le fait de ne pas voir de sang ne change pas le risque de piqûre.
Prépare le contenant destiné aux perforants avant de commencer. Place-le dans une position stable et à portée du geste, pour éviter de traverser la pièce avec un objet usagé.
Les autres déchets demandent un tri selon leur nature et leur risque. « Tout ce qui a servi pendant la séance » n’est pas une catégorie assez précise. Prépare avec ta formation sanitaire et ton prestataire une liste des déchets réellement produits dans ton salon et du contenant prévu pour chacun.

La boîte a une limite, même s’il reste de la place
Le contenant doit être prévu pour les déchets que tu y mets. Sa notice indique notamment son utilisation, sa fermeture et sa limite de remplissage.
Repère cette limite avant la première utilisation. Si elle est atteinte, tu ne gagnes pas une séance supplémentaire en tassant le contenu. Prévois une boîte de remplacement et ferme celle qui est pleine selon sa notice.
Ne transvase pas les aiguilles dans une autre boîte. Une erreur de contenant ou une boîte détériorée se gère avec la procédure du service de collecte, sans récupérer les objets usagés à la main.
Quand faut-il faire enlever les déchets ?
Une boîte qui se remplit lentement ne peut pas rester indéfiniment au salon. Le délai dépend de la quantité produite et du type de déchets.
Pour une production relevant du seuil inférieur ou égal à 5 kg par mois, les repères sont :
| Déchets concernés | Délai maximal entre leur production et leur enlèvement |
|---|---|
| DASRI qui ne sont pas exclusivement perforants | Trois mois |
| DASRI exclusivement perforants | Six mois |
Ces durées sont des maxima. Une boîte peut atteindre sa limite de remplissage bien avant. Il faut alors la remplacer sans attendre la fin du délai.
Les seuils de 5 et 15 kg par mois se calculent à partir de moyennes sur douze mois, avec les limites de dépassement prévues par le texte. Au-delà de 5 kg, les règles changent, notamment ce que doit couvrir le délai. Ne reprends donc pas le tableau pour une production plus importante.
Demande au prestataire de préciser par écrit ta catégorie de production, les déchets acceptés et la fréquence de collecte nécessaire. Si ton activité ou ton volume augmente, fais revoir cette fréquence.
Où garder les contenants avant la collecte ?
Le stockage, aussi appelé entreposage, est la période pendant laquelle les déchets attendent leur enlèvement.
Leur place doit être définie à l’avance. Elle doit notamment éviter l’accès de personnes non autorisées et le mélange avec le matériel propre. Les autres conditions dépendent des quantités et du régime applicable.
Décris ton emplacement au prestataire et à ton interlocuteur sanitaire : accès, volume, contenants et fréquence d’enlèvement. Tu obtiendras une réponse sur le lieu réel, au lieu de supposer qu’un placard fermé suffit.
Prévois aussi qui appeler si le passage est reporté. Une collecte annulée ne remet pas le compteur à zéro pour les déchets déjà produits.
Que doit comprendre le service que tu achètes ?
Avant de signer, demande ce qui est fourni : les contenants, leur livraison, les enlèvements et les documents de suivi. Vérifie les déchets acceptés et la marche à suivre si une boîte est pleine plus tôt que prévu.
Imagine une offre peu chère avec un passage très espacé. Si tes boîtes atteignent leur limite avant le passage, cette organisation ne répond pas à ton besoin. Compare donc le prix avec le volume et le rythme de ton activité.
La traçabilité : pouvoir retrouver ce qui est parti
La traçabilité consiste à garder les informations qui permettent de suivre les déchets. Pour un enlèvement, tu dois pouvoir retrouver qui les a produits, quand ils ont été remis et les documents de leur prise en charge.
Le bordereau de suivi est un document utilisé dans ce circuit. Il ne joue pas le même rôle que la facture du prestataire. La facture prouve l’achat d’un service. Les documents de suivi renseignent la prise en charge des déchets concernés.
Classe le contrat, les documents de remise et les justificatifs attendus pour chaque passage. S’il manque un document, relance le service de collecte. Pour un suivi en ligne, vérifie aussi que tu peux retrouver et exporter les pièces.
Le contrôle à faire avant la prochaine séance
Regarde le niveau de remplissage, la présence d’un contenant de remplacement et la prochaine date d’enlèvement. Vérifie ensuite que les documents du dernier passage sont classés.
Si tu trouves une boîte presque pleine ou une date mal suivie, corrige ce point avant de reprendre l’activité. Le guide d’ouverture d’un salon aide à replacer ce circuit dans l’organisation du lieu.
Crédit du visuel : Joe Mabel, Sharps container, CC BY-SA 3.0. Recadrage, traitement noir et blanc et habillage par TattooKonex. Visuel adapté sous la même licence.
